Installer un système de vidéosurveillance, ce n'est pas seulement choisir des caméras : c'est définir une stratégie globale de protection adaptée à vos besoins, votre budget et votre cadre légal. Ce guide fait le point sur les choix techniques essentiels. Il complète nos 5 points de sécurité à vérifier dans vos locaux.
Caméras intérieures vs extérieures
Les caméras intérieures sont conçues pour des conditions stables. Les extérieures doivent résister à la pluie tropicale, au sel marin et aux UV intenses.
Vérifiez alors deux choses, et pas une seule. D'abord l'étanchéité, avec l'indice de protection : IP66 au minimum en extérieur. Méfiez-vous d'un boîtier annoncé IP67 seul, car cet indice atteste la tenue à l'immersion, pas au jet d'eau : sur un mur balayé par la pluie, c'est le second qui compte. Les deux mentions doivent figurer côte à côte sur la fiche technique. Ensuite la résistance à la corrosion, le point que presque tout le monde oublie ici. L'indice IP mesure la tenue à l'eau et à la poussière, il ne teste aucune corrosion. En bord de mer, ce qui tue une caméra n'est pas la pluie, c'est le sel en suspension : une caméra IP67 en aluminium ordinaire se pique quand même face au lagon. Demandez un boîtier prévu pour l'air marin, en inox ou certifié contre le brouillard salin, et prévoyez un rinçage à l'eau douce à chaque maintenance.
Analogique ou IP : que choisir ?
L'analogique moderne (HD-CVI, HD-TVI) reste pertinent quand le câble coaxial est déjà en place : économique, simple, fiable, et il monte lui aussi en très haute définition. Contrairement à une idée répandue, ce n'est donc pas la qualité d'image qui départage les deux familles. L'IP apporte autre chose : l'alimentation par le câble réseau, un seul câble par caméra, des analyses embarquées, et une évolutivité plus souple puisqu'une caméra de plus se branche sur le réseau existant, sans tirer de câble jusqu'à l'enregistreur.
Le choix ne se joue pas davantage sur un nombre de caméras, puisque les enregistreurs analogiques existent en grandes capacités. Il se joue sur votre situation. Bâtiment neuf ou extension : l'IP est le bon réflexe. Installation existante en coaxial : remplacer les caméras coûte bien moins cher qu'un recâblage complet.
Notre recommandation
Filaire ou sans fil ?
Le filaire (PoE, qui transmet image et alimentation par le même câble Ethernet) reste la référence en professionnel : stable, et sans interception radio possible. Attention toutefois, filaire ne veut pas dire invulnérable. Une caméra PoE reste un équipement réseau : changez les mots de passe d'usine, tenez le logiciel interne à jour, faites isoler les caméras sur leur propre segment. Le sans fil convient pour quelques caméras dans un domicile, sous réserve d'une bonne couverture et des mêmes précautions.
Stockage local vs cloud
Trois options principales :
- Stockage local (NVR/DVR) : pas d'abonnement, contrôle total, mais les preuves partent avec l'enregistreur en cas de vol
- Stockage cloud : accessible partout, sauvegardé automatiquement, à l'abri du vol du matériel, mais abonnement mensuel et dépendance à la liaison internet
- Stockage hybride : le meilleur des deux mondes, recommandé pour les sites sensibles
Les fonctions intelligentes à connaître
Les caméras modernes intègrent de plus en plus d'intelligence :
- Détection de mouvement avec zones personnalisables
- Différenciation humain/véhicule/animal pour réduire les fausses alertes
- Suivi automatique d'un objet en mouvement
- Alerte push instantanée sur smartphone
- Lecture des plaques d'immatriculation, mais seulement avec une caméra prévue pour cela et correctement positionnée. Une caméra ordinaire braquée sur un portail ne lit pas les plaques de façon fiable, surtout de nuit. C'est un poste à part dans le devis
Le cadre légal en Nouvelle-Calédonie
Les règles ne sont pas les mêmes selon que vos caméras filment un lieu ouvert au public ou un local fermé au public. C'est la première question à se poser.
Votre caméra filme un lieu ouvert au public (surface de vente, accueil, parking clients) ou la voie publique. Il vous faut l'autorisation du haut-commissaire de la République. Le dossier se dépose au Haut-Commissariat et l'autorisation vaut cinq ans, renouvelable. En Nouvelle-Calédonie, il n'y a pas de préfecture : c'est le Haut-Commissariat qui joue ce rôle.
Votre caméra filme un local fermé au public (bureaux, réserve, atelier). Aucune autorisation à demander.
Dans les deux cas, vous devez :
- Informer les personnes filmées par un affichage visible
- Inscrire vos caméras dans le registre des traitements de votre entreprise. Il n'y a plus de déclaration à envoyer à la CNIL depuis 2019 : c'est à vous de garder la trace de ce que vous filmez, pourquoi, et combien de temps
- Prévenir chaque salarié avant la mise en service et consulter les représentants du personnel s'il y en a. Ne filmez ni les espaces de pause, ni les vestiaires, ni les sanitaires, et ne braquez jamais une caméra en continu sur un poste de travail. Une caméra installée sans prévenir se retourne contre l'employeur en cas de litige
- Maîtriser la durée de conservation. Dans un lieu ouvert au public, l'autorisation du haut-commissaire fixe elle-même cette durée, qui ne dépasse jamais un mois. Dans un local fermé, aucun texte n'impose de durée : quelques jours suffisent le plus souvent, et vous devez pouvoir expliquer votre choix
Erreur fréquente
Combien ça coûte ?
Il n'y a pas de prix au catalogue, et se fier à un tarif lu quelque part mène rarement au bon budget. Ce qui fait varier la facture, en revanche, est connu :
- Le nombre de caméras et leur définition
- La difficulté du câblage, souvent le premier poste sur un bâtiment existant
- La qualité des boîtiers, indispensable en bord de mer
- La durée de conservation, qui dicte la taille du stockage. C'est là que le budget dérape le plus souvent : à durée égale, un flux 4K demande beaucoup plus de disque qu'un flux Full HD
- Le contrat de maintenance, à prévoir dès le départ sous notre climat
Seule une visite sur place permet de chiffrer ces cinq points.
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